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Évaluation du programme Initiation au camping
Rapport final Avril 2026
Tables des matières
Liste des figures
- Figure 1 : Chronologie du programme Initiation au camping
- Figure 2 : Centres urbains –programmeIC (2017-2025)
- Figure 3 : Continuum de mobilisation et d’expérience–IC, 2017-2024
- Figure 4 : Gouvernance du programme et du centre urbain d’Ottawa
- Figure 5 : Structure organisationnelle des centres urbains
- Figure 6 : Modèle logique du programme Initiation au camping, de 2017 à 2024
- Figure 7 : Chronologie de l’harmonisation des politiques et des stratégies
- Figure 8 : Publics cibles du programmeIC, de 2011 à 2024
- Figure 9 : Âge des participants aux activités de camping avec nuitée, de 2017 à 2023
- Figure 10 : Indicateur de rendement clé du programme IC, 2017-2024
- Figure 11 : Objectifs de portée du programme IC pour la période de 2017 à2024
- Figure 12 : Portée moyenne annuelle par centre urbain
- Figure 13 : Contacts établis par la diffusion externe et participants au programme IC, 2017-2024
- Figure 14 : Participation à l’exposition et à l’expérience, 2017-2024
- Figure 15 : Taux de satisfaction globale, formulaire de rétroaction sur le programme IP
- Figure 16 : Compétences déclarées, activités d’IC de nuitée, 2017-2023
- Figure 17 : % d'accord –confiance accrue pour le camping
- Figure 18 : Événements d’IC avec nuitée, 2017-2023
- Figure 19 : % de répondants ayant ciblé des obstacles précis
- Figure 20 : % d'accord –intérêt pour les lieux patrimoniaux et lien avec la nature
- Figure 21 : Allocations budgétaires du programmeIC, de 2022-2023 à 2026-2027
- Figure 22 : Cycle de planification financière des centres urbains du programmeIC
- Figure 23 : Conception du programme IC -obstacles liés aux coûts et à la distance, de 2017 à 2024
Publication information
Bureau de l’audit interne et de l’évaluation
Parcs Canada30, rue Victoria
Gatineau (Québec) J8X 0B3
© Sa Majesté le Roi du chef du Canada, représenté par le directeur général de l’Agence Parcs Canada, 2026
NO. CAT.
ISBN
This document is available in English.
À propos de l’évaluation
Évaluation du programme Initiation au camping
Questions d’évaluation
- Dans quelle mesure le programme Initiation au camping répond-il aux besoins et aux intérêts des groupes qu’il cible?
- Dans quelle mesure le programme Initiation au camping est-il conforme aux priorités stratégiques de ParcsCanada et aux priorités du gouvernement fédéral?
- Dans quelle mesure les éléments du programme Initiation au camping atteignent-il les objectifs et les cibles?
- Dans quelle mesure la conception du programme, y compris son modèle de centre régional, contribue-t-elle à l’efficacité de l’exécution des activités des programmes Initiation au camping et Initiation à la pagaie?
Conformément aux exigences de la Politique sur les résultats du Conseil du Trésor(2016) ainsi que de la Directive sur les résultats et des Normes pour l’évaluation connexes, la présente évaluation du programme Initiation au camping examine l’efficacité, l’efficience et la pertinence du Programme pour la période allant de2017-2018 à2024-2025.
La portée comprend toutes les activités d’initiation au camping organisées en personne ainsi que les ateliers virtuels. D’autres voies de communication n’ont pas été prises en compte.
Le personnel d’évaluation de Parcs Canada a recueilli des données et effectué des travaux sur le terrain entre août 2024 et juillet 2025. Des données provenant de plusieurs sources ont été recueillies aux fins de l’évaluation, notamment:
- un examen des documents de planification et d’administration du programme;
- des entrevues avec des informateurs clés du personnel de Parcs Canada et des partenaires de programme locaux;
- un examen des données du programme, dont des renseignements financiers, la base de données sur la participation au programmeIC et la rétroaction des participants;
- une revue de presse des articles publiés sur le programme Initiation au camping.
Profil du programme
Initiation au camping 2011-2026
Figure 1 : Chronologie Initiation au camping
Chronologie du programme de IC entre 2011 et 2026 montrant les principaux jalons.
2011 : Première année du programme de IC, axé sur les expériences de camping de nuit
2015 : Ajout d’événements de la journée de IC
2016 : Mise à l’essai pilote des IC de nouveaux programmes
2017 : Lancement du IC élargi dans six centres urbains
2020 : Ajout d’événements virtuels de IC
2021 : Ajout d’activités d’initiation à la pagaie, au ski et à la raquette
2022 : Le renouvellement des IC entame un nouveau cycle de cinq ans
2026-27 : Fin du financement des IC
Créé en 2011, le programme Initiation au camping (IC) vise à réduire les obstacles à l’accès à la nature grâce à l’apprentissage de techniques de camping et la pratique d’activités de plein air. Au cours de ses cinq premières années, le programme était axé sur des activités de camping avec nuitées afin d’initier les campeurs novices aux compétences de base nécessaire pour faire du camping sécuritaire et autonome, tout en leur faisant vivre des expériences emblématiques, comme les jeux extérieurs, les feux de camp et les guimauves rôties. Au départ, le programme ciblait les Néo‑Canadiens et les familles avec de jeunes enfants vivant dans des centres urbains.
En 2016, Parcs Canada a reçu 6,3 millions de dollars sur cinq ans (de 2016-2017 à 2020-2021) pour élargir considérablement le Programme et sa portée partout au Canada. En 2017, six centres urbains ont été établis à Halifax, Montréal, Ottawa, Toronto, Edmonton et Vancouver. Dirigés par un coordinateur et comptant principalement des étudiants, ces centres proposaient une série d’activités de camping avec nuitée, des ateliers et des activités de diffusion externe, souvent en partenariat avec des organisations communautaires locales. Un autre centre était en place à Saskatoon entre 2019 et 2023.
En 2020, en raison de la COVID-19, le programme IC a été adapté pour offrir des ressources et des activités virtuelles ainsi que des activités en plein dans le respect des mesures de distanciation physique.
Les programmes et les activités de diffusion externe en personne ont repris en 2023. Après la pandémie, l’offre s’est élargie pour proposer d’autres activités d’initiation visant à enseigner les compétences de base nécessaires pour pratiquer des activités de plein air, comme la randonnée, la pêche, le ski et les sports de pagaie.
Approuvé dans le budget de 2021, le financement d’un autre cycle quinquennal (de 2022-2023 à 2026-2027) s’est élevé à un montant de 5,95 millions de dollars.
Conception du programme
Le premier programme IC (de 2011 à 2016) a été créé à une époque où la fréquentation des parcs nationaux était en baisse. Cette tendance, qui s’est depuis inversée, a encouragé Parcs Canada à s’intéresser davantage aux groupes moins présents parmi ses visiteurs et à analyser les obstacles à la fréquentation des milieux naturels.
L’analyse des publications universitaires, des rapports d’organismes de défense de la nature, des tendances en matière de camping et des renseignements sur les visiteurs de Parcs Canada ont permis de déterminer que les citadins, les Néo‑Canadiens et les familles avec de jeunes enfants étaient les principaux groupes cibles
La recherche a également permis de cerner trois obstacles communs qui empêchent ces populations de profiter du camping et d’autres activités de plein air, notamment :
- un manque de connaissances et de compétences pour faire du camping et pratiquer d’autres activités de plein air
- la distance séparant les milieux urbains et les parcs et autres lieux de loisirs de plein air
- les coûts associés à l’équipement, aux droits d’entrée et au transport.
Depuis 2011, ces trois obstacles ont inspiré la conception du programme IC, menant à la création d’activités ainsi que la réforme du programme et l’élargissement de sa portée en 2017, tel que décrit ci-dessous.

Figure 2 : Centres urbains–programme IC 2017-2025
Carte du Canada montrant l’emplacement des centres d’initiation au camping à Vancouver, Edmonton, Saskatoon, Toronto, Ottawa, Montréal et Halifax.
Connaissances et de compétences
Qu’il s’agisse de faire connaître le programme ou d’acquérir des compétences (voir p. 13), presque tous les contenus du programme IC portent sur la nature, le camping et les loisirs de plein air.
Obstacles liés à la distance
Les facteurs liés à la distance ont mené à la création de centres urbains d’initiation au camping (voir la figure 2 sur la page précédente) pour que le programme soit offert dans les villes près des publics cibles. En ce qui concerne la plupart des offres, on a mis l’accent sur les options mobiles : le personnel a pu se déplacer dans des écoles ou des centres communautaires avec des trousses d’activités et installer des kiosques. Le personnel a aussi tenu compte de la distance au moment de planifier des activités avec nuitée, en privilégiant des lieux urbains qui sont accessibles par transport en commun.
Obstacles liés aux coûts
La plupart des activités proposées dans le cadre du programme IC, comme les activités de sensibilisation et les ateliers, étaient offertes gratuitement, tandis que les activités plus spécialisées (p. ex. excursions de canotage ou événements de camping) étaient proposées à des tarifs inférieurs au seuil de recouvrement des coûts afin qu’ils soient abordables.
Principaux objectifs du programme
Un investissement de 6,3 millions de dollars sur cinq ans a permis, en 2017, d’élargir le programme IC pour passer d’une approche plus étroite centrée sur l’acquisition de compétences à une initiative élargie visant à atteindre un large public canadien en milieu urbain.
Alors que la version initiale du programme IC a attiré environ 16 000 campeurs novices entre 2011 et 2016, la version élargie a pour but de rejoindre 100 000 Canadiens chaque année. Plutôt que de chercher à atteindre cet objectif en organisant des activités de camping, qui nécessitent beaucoup de ressources et imposent des limites au nombre de participants, le personnel du programme IC a mis au point de nouvelles offres (voir la p. 13) conçues pour répondre aux deux objectifs clés du programme :
- Maximiser la portée du programme IC pour sensibiliser les publics cibles au camping, aux activités de plein air et aux lieux administrés par Parcs Canada;
- Réduire autant que possible les obstacles au camping, à la nature et aux loisirs de plein air pour les personnes qui rencontrent ces obstacles grâce à l’apprentissage de nouvelles compétences et la possibilité de découvrir de nouvelles activités.
Voir le modèle logique (p. 15) pour un aperçu des résultats et des indicateurs.
Programmes offerts
En 2017, la nouvelle version élargie du programme a redéfini « Initiation au camping » en un continuum d’activités en trois volets, chacun visant des objectifs précis, comme le montre la figure 3 sur la prochaine page, afin de renforcer la diffusion externe et l’acquisition de compétences.
Les activités de sensibilisation visent à éveiller l’intérêt pour les loisirs de plein air. Le personnel installe des tentes dans des espaces publics et présente des jeux, des jeux-questionnaires et des faits intéressants sur la faune, et de l’information sur l’équipement de camping, les parcs nationaux et les activités dans la nature.
Les activités d’exposition visent à susciter l’intérêt et à renforcer la confiance. Le personnel enseigne des compétences de base liées au plein air sous forme d’ateliers. Conçues pour être mobiles, les activités d’exposition peuvent avoir lieu dans des écoles, des bibliothèques, des parcs ou des centres communautaires.
Les activités d’expérience visent à favoriser des liens durables avec la nature en proposant l’apprentissage de compétences plus complexes nécessaire pour le camping, les sports de pagaie, le ski de fond, etc. Ces activités sont immersives et permettent de vivre de véritables activités de plein air dans un cadre sécurisant.

Figure 3 : Continuum de mobilisation et d’expérience–IC, 2017-2024
Un diagramme horizontal en trois étapes montrant une progression de « Sensibilisation » à « Exposition » et à « Expérience ».
Sous « Sensibilisation », le texte se lit comme suit : « Brèves activités de sensibilisation conçues pour susciter l’intérêt », avec deux exemples : « Sensibilisation éphémère dans les espaces publics » et « Sensibilisation lors de festivals et d’autres grands événements ».
Sous « Exposition », le texte se lit comme suit : « Initiation facilitée au camping et aux compétences en plein air », avec quatre exemples : « Ateliers », « Événements virtuels », « Événements de jour de camping » et « Feux de camp en soirée ».
Sous « Expérience », le texte se lit comme suit : « Apprentissage pratique immersif », avec deux exemples : « Événements de camping de nuit » et « Événements d’initiation axés sur des activités telles que le canotage, le ski et la pêche ».

Figure 4 : Gouvernance du programme et du centre urbain d’Ottawa
Un organigramme vertical. En haut se trouve une case intitulée « Directeur, Expérience du visiteur », reliée vers le bas à « Gestionnaire, Services et activités aux visiteurs », puis à « Analyste des activités récréatives ».
À partir de là, le graphique se divise en deux branches. À gauche se trouve « Coordonnateur national du programme d’initiation au camping », qui fait le lien vers le bas avec les « coordonnateurs du centre d’initiation au camping », puis avec les « unités de gestion (sites d’initiation à la pagaie ou avec nuitées) ». Les lignes verticales pointillées partant de la case du coordonnateur national du programme d’initiation au camping indiquent un rôle de soutien plutôt que de supervision.
À droite se trouve « Coordonnateur du centre d’Ottawa », qui se connecte vers le bas à « Étudiants d’initiation au camping (Ottawa) ».

Figure 5 : Structure organisationnelle des centres urbains
Un organigramme vertical. En haut se trouve une case intitulée « Directeurs d’unité de gestion », reliée vers le bas à « Gestionnaire, Relations externes ou expérience du visiteur », puis à « Coordonnateur du centre d’initiation au camping » et enfin à « Étudiants d’initiation au camping ».
Gouvernance
Le programme IC est encadré par l’équipe des services aux visiteurs et des activités relevant de la Direction générale des relations externes et de l’expérience du visiteur (DGREEV).
Au sein de cette équipe, un analyste des activités récréatives et un coordinateur national appuient les centres urbains et les unités de gestion responsables qui organisent de façon autonome les activités de camping avec nuitée dans le cadre du programme IC. Dans chaque centre urbain, une équipe d’environ six étudiants est encadrée par un coordinateur à temps plein.
La plupart des coordinateurs relèvent des gestionnaires des relations externes (RE) ou de l’expérience du visiteur (EV) de leur unité de gestion, mais le coordinateur du centre urbain d’Ottawa relève directement de l’analyste des activités récréatives au sein de l’équipe des services aux visiteurs et des activités.
La figure 4 illustre la structure de gouvernance du programme IC, et la figure 5 présente la structure organisationnelle des centres urbains situés à Halifax, Montréal, Toronto, Edmonton, Saskatoon et Vancouver.
Modèle logique, résultats et indicateurs
En résumé, le modèle logique présente un aperçu de la conception du programme IC, des résultats attendus, des mesures et des objectifs en lien avec les trois obstacles à l’accès à la nature et aux loisirs de plein air que le programme a pour mission d’atténuer.
Figure 6 : Modèle logique du programme Initiation au camping (2017-2024)
Diagramme résumant la conception du programme, les résultats attendus, les paramètres et les cibles, par rapport aux trois obstacles à la nature : connaissances, compétences et expérience/coûts/distance par rapport à la nature
Conception du programme
Sous Obstacles liés aux connaissances, aux compétences et à l’expérience
Une version simplifiée du graphique de la conception du programme à la page 12, un diagramme horizontal en trois étapes montrant une progression de « Sensibilisation » à « Exposition » à « Expérience ».
Pour « Sensibilisation », le texte se lit comme suit : « Brèves activités suscitant l’intérêt », avec un exemple : « fenêtre contextuelle de sensibilisation mobile »
Pour « Exposition », le texte se lit comme suit : « Introduction facilitée à des compétences simples », avec trois exemples : « Ateliers », « Événements virtuels » « Événements d’une journée »
Pour « Expérience », le texte se lit comme suit : « Apprentissage pratique immersif », avec deux exemples : « Événements avec nuitée » et « Activités d’initiation »
Sous Coûts
Les activités d’initiation au camping sont gratuites ou offertes à faible coût
Sous Distance
- Hubs dans les centres urbains
- Sensibilisation mobile et ateliers
- Sites ou transports accessibles en transit (événements de nuit)
Résultats directs (tous liés aux obstacles liés aux connaissances, aux compétences et à l’expérience)
- Les participants sont exposés et apprennent à connaître différentes activités de plein air.
- Les participants prennent part à des activités récréatives de plein air telles que le camping, la randonnée, la natation, le canoë, la pêche et les chants autour d’un feu de camp.
- Les participants développent des compétences et sont satisfaits des activités d’initiation au camping.
Résultats intermédiaires (tous liés aux obstacles liés aux connaissances, aux compétences et à l’expérience)
- Les participants développent la confiance nécessaire pour aller camper et passer du temps dehors seuls.
- Les obstacles à la jouissance des lieux protégés du Canada sont réduits.
Résultats finaux (tous liés aux obstacles liés aux connaissances, aux compétences et à l’expérience)
- Les participants tissent des liens avec la nature et les lieux protégés.
- La fréquentation des lieux protégés Parcs Canada augmente, en particulier par ceux qui arrivent des zones urbaines.
Données du programme (liées aux obstacles liés aux connaissances, aux compétences et à l’expérience)
- nombre de participants et de contacts
- Taux de satisfaction et résultats des utilisateurs
- Profils des participants (événements de nuit)
Données du programme (liées aux coûts)
- Dépenses et prix
Indicateur clé (lié aux obstacles liés aux connaissances, aux compétences et à l’expérience)
- Initiation au camping Reach (Contacts + Participants)
Cible (liée aux obstacles liés aux connaissances, aux compétences et à l’expérience)
- 100 000 programmes de portée totale par an
Principales constatations: Pertinence
Harmonisation avec les priorités de Parcs Canada
Il a été déterminé que le programme Initiation au camping était bien harmonisé aux priorités stratégiques de Parcs Canada.
L’évaluation de l’harmonisation du programme Initiation au camping avec les priorités stratégiques de Parcs Canada reposait sur l’examen de documents stratégiques ainsi que sur des entrevues menées auprès d’informateurs clés, notamment des membres du personnel du programme IC dans les centres urbains et des membres de l’équipe nationale responsable du programme au sein de la DGREEV.
Découverte du patrimoine naturel et culturel
Il a été constaté que les objectifs du programme Initiation au camping cadraient avec le troisième résultat ministériel de Parcs Canada, qui prévoit que « la population découvre le patrimoine naturel et culturel du Canada et en fait l’expérience par des moyens qu’elle juge significatifs », puisque le programme vise, en fin de compte, à réduire les obstacles à la découverte des lieux protégés et à favoriser le rapprochement avec la nature à long terme (voir le modèle logique du programme IC à la p. 15).
Établissement de liens avec les publics cibles
On a constaté que le programme IC cadrait bien avec plusieurs stratégies de Parcs Canada visant à joindre des publics nouveaux et plus diversifiés (voir la figure 7 à la page suivante). Parmi celles-ci figurent les différentes versions de la stratégie Dans la mire de Parcs Canada, qui a été mise en œuvre pour la première fois en 2011, soit la même année où ont été offerts les premiers programmes avec nuitée d’Initiation au camping.
Créée pour orienter le travail de la DGREEV, la stratégie de 2011 visait à contrer la baisse de fréquentation grâce à la diversification de la clientèle de Parcs Canada et au travail de sensibilisation mené auprès des segments de marché connaissant moins les parcs et les lieux historiques nationaux, qui, selon les études, comprenaient les personnes vivant en milieu urbain et les Néo-Canadiens.
Le lien entre le programme Initiation au camping et la stratégie Dans la mire était encore plus évident à la suite du renouvellement de la stratégie en 2019, qui comprenait alors un objectif visant à tirer parti du programme IC pour améliorer les connaissances des jeunes Canadiens sur les rudiments du camping. Cet objectif fait écho à la directive énoncée dans la lettre de mandat de 2019 du ministre de l’Environnement et du Changement climatique, laquelle demandait l’élargissement de la portée du programme Initiation au camping en vue d’éliminer les obstacles limitant l’accès aux lieux protégés pour les jeunes issus de milieux défavorisés.
Dans le même ordre d’idées, le programme IC était également mentionné dans le Cadre de mobilisation des jeunes (2021) de Parcs Canada en tant que moyen de mobiliser ce public grâce à des programmes destinés aux familles avec de jeunes enfants et aux enfants d’âge scolaire.
Un examen des plans ministériels de Parcs Canada de 2018-2019 à 2025-2026 a été effectué en fonction de ces stratégies et a révélé que le programme IC était toujours cité parmi les efforts visant à établir un lien avec le public et à faire connaître la marque au sein des principaux marchés cibles. Le programme IC était également mentionné dans les plans ministériels de 2024-2025 et de 2025-2026 parmi les activités favorisant le respect des engagements en matière d’inclusion et d’ACS Plus.

Figure 7 : Chronologie de l’harmonisation des politiques et des stratégies
Calendrier des harmonisations des politiques et des stratégies Parcs Canada
2011 Première année du programme d’initiation
Stratégie « Dans la mire » 2011 – Expérience du visiteur
2014 Rapprocher les Canadiens de la nature (Conseil canadien des parcs)
Célébrations du 150e anniversaire du Canada 2017
2017 Lancement d’un programme élargi d’initiation au camping
Lettre de mandat ministériel de 2019
Cadre de mobilisation des jeunes de 2021
2022 Initiation au camping commence un nouveau cycle de cinq ans
Stratégie sur les parcs urbains nationaux de 2024
Rapprochement avec la nature
Bien que l’examen des politiques et des documents stratégiques ait révélé que le programme IC était surtout axé sur l’élargissement des publics, le programme présentait également des liens clairs avec les priorités de Parcs Canada visant à rapprocher les Canadiens de la nature. On a constaté que le programme IC reflétait des thèmes figurant dans le rapport intitulé Connecter les Canadiens à la nature produit en 2014 par le Conseil canadien des parcs, un conseil intergouvernemental. Ce rapport présentait les bienfaits sociaux, physiques et culturels du temps passé en nature et met en évidence la nécessité de diversifier les activités offertes dans les parcs dans le but de mieux joindre les populations urbaines, les jeunes et les Néo-Canadiens.
En outre, les membres du personnel de Parcs Canada interrogés dans le cadre de l’évaluation ont souligné les liens entre le programme IC et des éléments de la récente Stratégie provisoire sur les parcs urbains nationaux (2024), dont l’un des principaux objectifs est de rapprocher les gens de la nature.
Priorités nouvelles
Les membres du personnel du programme IC étaient d’avis qu’en plus de cadrer avec les priorités fixées à l’échelle de l’organisme, le programme pouvait être adapté selon l’évolution des besoins et des nouvelles circonstances, notamment grâce à ses nombreuses offres et à ses centres urbains locaux. Des exemples de l’adaptabilité du programme sont présentés ci-dessous.
Priorités des unités de gestion
Bien que le programme IC soit un programme national, des activités du programme IC sont menées au sein des unités de gestion dans les centres urbains, et les coordonnateurs de l’initiation au camping relèvent généralement des gestionnaires de l’expérience du visiteur ou des relations externes. Ainsi, les priorités des unités de gestion ont contribué à orienter les efforts de mise en œuvre.
Les domaines dans lesquels les priorités concordent indiqués par les gestionnaires de l’expérience du visiteur et des relations externes comprenaient les objectifs communs visant à attirer des publics urbains dans les parcs ou les lieux historiques, à établir des liens avec les collectivités locales, à promouvoir les programmes et à faire connaître les questions locales.
Par exemple, un coordonnateur d’IC dans un centre urbain a décrit les travaux d’adaptation des activités de diffusion externe qui ont été réalisés dans le but d’accorder la priorité aux messages sur les incidents liés à la sécurité touchant un parc national situé à proximité, ce qui a permis de répondre à un besoin cerné par l’équipe de diffusion externe de l’unité de gestion.
Lutte contre la pandémie
Avant 2020, le programme IC comprenait presque exclusivement des activités en personne, et le contenu publié en ligne était surtout promotionnel.
Lorsque les restrictions touchant les rassemblements publics sont entrées en vigueur en raison de la pandémie de COVID-19, le personnel du programme IC a adapté le matériel des programmes aux plateformes virtuelles. Les activités de la saison 2020-2021 du programme Initiation au camping ont été offertes de manière entièrement virtuelle et ont attiré un peu plus de 5 000 participants.
L’année suivante, des partenariats ont été établis avec des plateformes comme École en réseau, une initiative qui propose des expériences d’apprentissage numériques et offre du soutien aux éducateurs qui apprennent à enseigner à distance, et ont permis au programme IC d’attirer plus de 23 000 participants en ligne. Des activités virtuelles ont continué d’être offertes après la pandémie et ont attiré, en moyenne, un peu plus de 7 000 participants par an de 2022-2023 à 2024-2025.
Camping dans les régions urbaines
Des collectivités dans l’ensemble du Canada ont constaté une augmentation des campements de personnes en situation d’itinérance au cours des cinq dernières années, une situation intensifiée par la pandémie de COVID-19 et attribuable à un ensemble complexe de facteurs, comme la crise du logement et l’augmentation du coût de la vieFootnote 1.
Cette situation a représenté un défi pour les centres urbains offrant le programme IC, qui avaient l’habitude d’organiser des activités de nuitée dans des espaces urbains, comme dans les lieux historiques nationaux ou au bord des canaux patrimoniaux, puisque ces lieux sont accessibles en transport en commun.
La sensibilisation accrue du public à la question des campements urbains ainsi que les critiques directes exprimées par des militants contre l’organisation d’activités de camping récréatif dans des lieux où des personnes sans logis ont été déplacées, ou à proximité de ceux-ci, ont incité certains centres à interrompre l’organisation d’activités de camping avec nuitée et à mettre l’accent sur l’organisation d’ateliers et d’autres activités d’apprentissage, comme le programme Initiation à la pagaie de Montréal.
Principales constatations
Il a été déterminé que, dans l’ensemble, le programme était bien harmonisé aux priorités de Parcs Canada. On a relevé des liens directs et indirects entre les résultats du programme et les engagements de la lettre de mandat, les documents de planification organisationnelle et les cadres stratégiques ministériels.
On a également constaté que le programme, qui a été créé en 2011, puis élargi en 2017, pouvait être adapté en fonction de circonstances nouvelles et des nouvelles priorités de Parcs Canada.
Pertinence pour les publics cibles
Même si la conception du programme Initiation au camping était fondée sur la compréhension des groupes cibles et des obstacles rencontrés, des lacunes dans les données ont limité la réalisation d’analyses portant sur la pertinence du programme pour les principaux publics.
L’analyse de la pertinence du programme IC pour les publics cibles reposait sur un examen des documents, les commentaires des participants au programme recueillis par le personnel responsable du programme, les entrevues menées auprès des membres du personnel de Parcs Canada et les données recueillies auprès des partenaires du programme IC dans les centres urbains.
Les évaluations du programme s’appuyaient également sur le cadre de l’analyse comparative entre les sexes plus (ACS Plus).
Publics cibles et obstacles
Comme indiqué ci-dessus, le programme IC a été créé en 2011 en réponse à la baisse de fréquentation observée dans les parcs nationaux (voir la p. 11). Cette situation a suscité un intérêt pour les groupes sous-représentés dans la clientèle de Parcs Canada, ainsi que pour la recherche contemporaine portant sur les obstacles à l’accès à la nature rencontrés par les résidents des centres urbains.
Les résultats de ces travaux ont montré que les Canadiens vivant en milieu urbain, surtout ceux avec de jeunes enfants, et les Néo-Canadiens rencontraient plusieurs obstacles communs à l’accès au camping et aux activités de plein air, dont les principaux étaient le manque de compétences et de connaissances, le fait de vivre loin des milieux naturels, l’abordabilité de l’équipement, les droits d’entrée et les coûts de transport.
Les examens des documents de planification et les entrevues ont révélé que ces obstacles servaient encore de base pour la conception du programme IC, ceux-ci ayant orienté l’élargissement du programme en 2017 et continuant d’orienter la création de nouvelles activités, comme l’initiation à la pagaie (2021) et l’initiation au patinage (2024).
ACS Plus
L’ACS Plus vise à évaluer si des facteurs identitaires croisés, comme le genre, la culture ou le revenu, ont été pris en compte dans la conception et la mise en œuvre d’un programme, et si les politiques ou les programmes entraînent des résultats inattendus pour des groupes identifiables.
L’ACS Plus a été mise en œuvre à Parcs Canada en 2018-2019 et constitue le principal mécanisme utilisé pour cerner les inégalités systémiques.
Les questions ayant orienté cet examen ont été adaptées à partir du guide du Conseil du Trésor sur l’intégration de l’ACS Plus dans l’évaluationFootnote 2 et comprenaient les suivantes :
- Les populations cibles du programme ont-elles été cernées de façon précise?
- Des représentants des groupes de la population cible ont-ils participé à la conception du programme?
- Dans quelle mesure les données existantes sur le rendement tiennent-elles compte de facteurs identitaires?
- Des indicateurs ont-ils été définis pour assurer le suivi de l’information selon les principaux facteurs identitaires?
Populations cibles
Un examen des documents du programme a révélé que, même si les publics cibles du programme IC ont évolué au fil du temps, ceux-ci étaient encore généralement bien définis, et que les obstacles et les besoins avaient été pris en compte tôt dans le processus d’élaboration du programme grâce à une analyse documentaire rigoureuse et à des analyses des publics cibles.
Cependant, les entrevues et l’examen des dossiers ont permis de confirmer que les représentants des groupes cibles n’ont pas participé à la conception ou à la mise à jour du programme IC; leur participation s’est limitée aux essais pilotes réalisés avant la mise en œuvre des nouvelles offres du programme en 2017. Ces activités étaient présentées dans les documents de planification comme des mesures devant aider le programme IC à joindre les publics vivant en milieu urbain.
Néanmoins, d’autres mécanismes formels et informels, comme les formulaires de rétroaction, la collaboration continue avec les partenaires communautaires du programme et l’échange d’information sur les problèmes et les solutions entre les coordonnateurs du programme dans les centres urbains, semblent avoir aidé les membres du personnel à adapter les éléments du programme, notamment les ateliers et les activités avec nuitée, au fil du temps pour faire en sorte que le programme réponde davantage aux besoins des publics cibles.
Parmi les exemples des adaptations apportées figuraient l’offre d’aliments adaptés aux restrictions alimentaires courantes (comme des guimauves halal) et l’amélioration continue des documents de diffusion externe et des documents pour les ateliers, comme la présentation de certains renseignements dans plusieurs langues ou la formation des membres du personnel afin qu’ils puissent travailler auprès de sous-groupes particuliers, p. ex. les personnes apprenant une langue seconde, les personnes neurodivergentes ou les personnes ayant une incapacité physique.
Publics cibles du programme Initiation au camping
Bien que le programme IC s’adresse de manière générale aux personnes qui se heurtent à des obstacles à l’accès aux activités de plein air, la définition des principaux publics cibles du programme a évolué depuis sa première version (2011 à 2016). Les Néo-Canadiens et les familles avec de jeunes enfants vivant en milieu urbain étaient alors les principaux publics cibles des activités de camping avec nuitée.
En 2017, une dimension économique a été intégrée à la définition des publics cibles dans les documents de planification du programme IC élargi; les publics cibles comprenaient désormais les familles avec de jeunes enfants, les Canadiens vivant en milieu urbain, les Néo-Canadiens et les familles à revenu faible ou moyen.
En 2022, conformément à une stratégie d’ACS Plus élaborée à l’appui du renouvellement du programme, on a conservé dans les publics cibles du programme IC les familles vivant en milieu urbain, mais on a supprimé la mention de Néo-Canadiens pour la remplacer par celle de Canadiens racisés, soit les personnes de couleur, les Noirs et les Autochtones (voir le résumé des publics cibles à la page suivante).
La stratégie d’ACS Plus à l’appui du programme IC précisait également que celui-ci s’adressait encore aux familles à revenu faible ou moyen et aux Canadiens en situation de handicap et proposait de nouveaux indicateurs de rendement, soit le nombre de Canadiens racisés et le nombre de Canadiens en situation de handicap participant aux activités du programme Initiation au camping. Cependant, les instruments de données nécessaires au suivi de ces indicateurs n’ont pas été élaborés.
Facteurs identitaires et données sur le rendement
Pour la majorité des activités du programme IC, aucune donnée sur l’identité des participants n’a été conservée. Les coordonnateurs du programme IC et le personnel des centres urbains se sont largement appuyés sur leurs propres observations pour établir le profil des participants, ainsi que sur les partenariats avec les organismes communautaires desservant des sous-groupes particuliers, comme les néo-Canadiens.
La seule exception est un formulaire de commentaires distribué par le personnel lors des activités de camping avec nuitée. Les questions portaient surtout sur les résultats directs (p. ex. la satisfaction, voir les pages 39-42) plutôt que sur les facteurs identitaires, comme l’ethnicité ou le statut socioéconomique.
Cependant, il était possible d’effectuer une analyse secondaire grâce aux questions portant sur la composition des groupes de campeurs et au code postal demandé aux répondants, qui étaient par la suite analysés à l’aide d’outils géodémographiquesFootnote 3.
Les résultats de ces analyses, réalisées à partir des codes postaux recueillis de 2017 à 2024, sont présentés ci-dessous.
Familles vivant en milieu urbain
La principale conclusion que l’on peut tirer au sujet des participants aux activités de camping avec nuitée organisées dans le cadre du programme IC est qu’il s’agit surtout de familles avec de jeunes enfants vivant en milieu urbain, puisque les analyses des codes postaux réalisées en 2016, en 2018 et en 2025 ont montré que la plupart des répondants vivaient en milieu urbain et que les données des formulaires de commentaires ont révélé que la plupart des groupes étaient composés d’au moins un adulte et d’un enfant. Un résumé des données est présenté dans la figure 9.

Figure 8 : Publics cibles du programme IC, de 2011 à 2024
Liste des publics cibles du programme Initiation au camping, 2011 à 2024
Programme initial d’initiation au camping de 2011 Publics cibles :
Néo-Canadiens ; Canadiens vivant en milieu urbain avec de jeunes enfants
2017 Lancement du programme élargi d’initiation au camping Publics cibles :
Néo-Canadiens ; Canadiens vivant en milieu urbain ; Les familles avec de jeunes enfants ; Familles à revenu faible ou moyen
Stratégie d’initiation au camping 2022 Publics cibles :
Canadiens racisés ; Familles urbaines avec jeunes enfants
Comprend également :
Familles à revenu faible ou moyen ; Canadiens handicapés

Figure 9 : Âge des participants aux activités de camping avec nuitée
Diagramme circulaire de l’âge des campeurs déclarés.
Enfants de 0 à 12 ans : 52 %
Adolescents de 13 à 17 ans : 6 %
Adultes de 18 à 64 ans : 40 %
Aînés de 65 ans et + : 2 %
Canadiens racisés
Les analyses géodémographiques ont également révélé que les campeurs vivaient généralement dans des quartiers urbains diversifiés sur le plan racial.
Des analyses effectuées en 2018 ont révélé que de nombreux participants vivaient des régions où il y avait une concentration élevée de personnes d’origine asiatique, notamment de Canadiens d’origines chinoise, coréenne, iranienne, philippine et indienne.
La même analyse réalisée en 2025 a révélé que les personnes ayant participé au programme récemment vivaient généralement dans des secteurs où il y avait une concentration élevée de personnes d’origine nord-africaine, notamment du Maroc, de l’Égypte et de l’Algérie.
Des données probantes comparables concernant les populations autochtones n’ont pas été relevées.
Néo-Canadiens
L’analyse des codes postaux a également montré que les participants aux activités de camping avec nuitée vivaient généralement dans des quartiers où le nombre de Néo-Canadiens ou de Canadiens de première génération était supérieur à la moyenne.
Familles à revenu faible ou moyen
Les analyses des codes postaux réalisées de 2016 à 2018 ont révélé que les participants aux activités de camping avec nuitée vivaient généralement dans des secteurs où le nombre de ménages fortunés était inférieur à la moyenne. Selon le rapport de 2025, les milieux de classe moyenne étaient représentés de manière plus importante.
Canadiens en situation de handicap
Enfin, comme les outils géodémographiques ne prennent pas en compte les handicaps, aucun renseignement sur ce facteur ne pouvait être obtenu au moyen des codes postaux.
Les données tirées des entrevues menées dans le centre urbain de Vancouver ont permis de cerner certaines activités organisées en partenariat avec des organisations œuvrant auprès des personnes en situation de handicap, mais les dossiers du programme (y compris les formulaires d’inscription aux activités et la base de données sur la participation au programme IC, voir la page 30) n’indiquaient pas le nombre de participants présents qui s’identifiaient comme personnes en situation de handicap, malgré l’engagement consistant à assurer un suivi à cet égard prévu dans la stratégie d’ACS Plus de 2022.
Remarques concernant les données sur les publics
Bien que les résultats examinés dans cette section appuient largement les observations du personnel selon lesquelles les activités pratiques (camping avec nuitée, ateliers, activités d’apprentissage) ont attiré des participants des groupes ciblés, d’importantes limites ont tout de même été notées en ce qui concerne les données sur les participants, surtout dans le contexte de la stratégie de 2022 et des engagements connexes du programme relativement à l’ACS Plus.
Les principales limites sont l’accent mis sur les activités avec nuitée, qui ne représentent qu’un faible pourcentage des participants au programme IC (moins de 10 %, voir page 31), et l’absence de données désagrégées sur l’identité, c’est-à-dire d’information recueillie auprès des participants qui aurait pu être ventilée en sous-catégories détaillées, comme l’ethnicité, le revenu ou le handicap.
Les analyses des codes postaux donnent une idée générale des participants aux activités de camping avec nuitée, mais les rapports qui en résultent décrivent en fin de compte la composition des quartiers des participants plutôt que les personnes elles-mêmes. Ces derniers ne peuvent donc pas servir à étudier les différences possibles entre les groupes ciblés en ce qui concerne la satisfaction, les résultats d’apprentissage ou d’autres effets.
Les données géodémographiques ne permettent pas non plus de suivre le nombre de participants d’un type donné aux activités d’IC, ce qui aurait été nécessaire pour répondre aux deux indicateurs liés à l’ACS Plus proposés par le programme en 2022, comme les pourcentages de Canadiens racisés et de Canadiens handicapés participant à des activités d’IC.
Interrogés sur ces lacunes lors des entretiens avec les informateurs clés, la majorité des employés du programme IC ont indiqué que les règlements en matière de protection de la vie privée limitaient la capacité du programme à recueillir des renseignements personnels directement auprès des participants.
Les questions complémentaires ont révélé une connaissance limitée des processus permettant la collecte de renseignements personnels à des fins de suivi, d’évaluation ou de production de rapports, dont les principaux éléments sont brièvement décrits ci-dessous.
Ces constatations sont prises en compte dans la recommandation 1.
Collecte de données personnelles
Lorsqu’ils sont nécessaires aux ministères ou organismes, les processus permettant de recueillir des données personnelles de manière transparente et éthique sont guidés par la Loi sur la protection des renseignements personnels.
Une fois recueillis, les renseignements personnels doivent être utilisés conformément aux objectifs du processus de collecte. Ces objectifs doivent également être indiqués dans toute évaluation des facteurs relatifs à la vie privée ou tout fichier de renseignements personnels (FRP)Footnote 4 pertinent. Il s’agit généralement d’objectifs de suivi et d’évaluation, qui peuvent être considérés comme un élément du continuum d’utilisation d’un programme donné.
Un examen du FRP du programme IC a permis de constater que les facteurs identitaires (p. ex. l’ethnicité ou le niveau de revenu) ne font pas partie des renseignements personnels pouvant être recueillis; cependant, les problèmes de santé et les handicaps étaient des renseignements qui pouvaient être recueillis à l’inscription, tout comme le nom et les détails de la carte de crédit. Les employés du programme IC ont confirmé que les données sur les handicaps et l’état de santé n’étaient pas recueillies par ce moyen.
Au-delà des FRP, la collecte de données et les analyses de renseignements personnels effectuées pour le suivi ou l’évaluation doivent respecter les mesures de protection des renseignements personnels, comme la minimisation des données (la collecte des renseignements qui sont clairement nécessaires uniquement) et la dépersonnalisation des données.
En ce qui concerne les formulaires de commentaires comme ceux utilisés par le programme IC, les exigences pour la protection des renseignements personnels stipulent aussi que les personnes interrogées doivent comprendre que la participation est volontaire et que des options « préfère ne pas répondre » doivent être proposées lorsque des renseignements délicats sont demandésFootnote 5.
Principales constatations
Dans l’ensemble, les constatations sur la pertinence du programme IC pour les publics cibles indiquent que le programme a probablement joint des membres de la plupart des groupes ciblés et que ses activités ont été adaptées de manière continue aux besoins des participants en fonction des commentaires et des occasions de formation.
Cependant, les pratiques de collecte de données du programme n’ont pas permis de faire des analyses en fonction de facteurs identitaires. Pour cette raison, il n’a pas été possible d’appliquer une optique d’ACS Plus aux résultats du programme, par exemple en évaluant si les divers publics cibles du programme (personnes racisées, personnes en situation de handicap, Canadiens à revenu faible ou moyen et personnes avec de jeunes enfants vivant en milieu urbain) ont obtenu des services de manière équitable.
Efficacité
Objectifs et cibles de l’IC
Cette section du rapport explore les données relatives aux résultats du programme Initiation au camping, les conclusions étant regroupées dans des sections décrivant les principaux objectifs de rendement du programme, les résultats de la diffusion externe et son efficacité à minimiser les obstacles à l’accès à la nature.
Les sources de données comprennent le décompte des participants et des contacts établis dans le cadre des activités de diffusion externe, les commentaires recueillis auprès des campeurs et des pagayeurs novices, ainsi que les commentaires des partenaires communautaires des centres urbains.
Principaux indicateurs et objectifs
Depuis 2017, la portée annuelle du programme est le seul indicateur de rendement clé du programme Initiation au camping (IC). Bien que le personnel et les documents utilisent divers termes pour décrire cette mesure, pour plus de clarté, le présent rapport utilisera les termes participants, contacts et portée (personnes jointes) comme suit :
- Les participants désignent le nombre de participants aux événements organisés dans le cadre du programme d’exposition et d’expérience Initiation au camping (p. ex. les ateliers, les activités avec nuitée ou les activités virtuelles).
- Les contacts sont exclusifs à la sensibilisation et se réfèrent au nombre d’interactionsFootnote 6 avec des membres du public lors des événements de diffusion externe relatifs au programme Initiation au camping.
- La portée (personnes jointes) décrit le total combiné des contacts et des participants, comme illustré à la figure 10 ci-dessous.
Figure 10 : Indicateur de rendement clé du programme IC, 2017-2024
Figure décrivant l’indicateur de rendement clé de l’initiation au camping.
Portée de l’initiation au camping = contacts de sensibilisation + (plus) participants à l’exposition et à l’expérience
Les chiffres relatifs à la portée du programme Initiation au camping sont saisis par le personnel du programme dans une base de données commune appelée LTC Registry, qui suit également les dates, les lieux et les types d’activités par centre urbain ou par lieu, si l’événement est organisé par du personnel extérieur à un centre urbain.
Un objectif de 100 000 personnes jointes annuellement dans le cadre du programme a été fixé en 2018-2019 par la Direction générale des relations externes et de l’expérience du visiteur (DGREEV), sur la base des résultats obtenus lors de la première saison élargie, qui a généré un peu plus de 91 000 contacts et participants.
À l’échelle des centres urbains, les coordonnateurs de l’initiation au camping ont généralement cherché à joindre 10 000 personnes (contacts et participants) par le biais de leurs diverses activités.
Les résultats du nombre de personnes jointes sont résumés à la page suivante.
Remarques sur la qualité des données
Bien que le programme IC ait recueilli divers renseignements sur ses activités, des lacunes et des problèmes de qualité des données ont été constatés. En particulier, il a été observé que la majeure partie des données des utilisateurs étaient recueillies lors d’activités de camping avec nuitée, ce qui ne représente que 8,5 % de l’ensemble des participants aux offres d’expérience d’IC et d’exposition connexe, c’est-à-dire les activités liées au camping, les activités virtuelles, les ateliers et d’autres offres d’apprentissage comme l’initiation à la pagaie ou à la pêche (voir page 12).
En outre, il a également été noté qu’aucune étude de suivi n’a été menée auprès des participants au programme IC depuis 2017, ce qui laisse sans réponse des questions essentielles sur les résultats obtenus par le programme, comme celle de savoir si les participants passent plus de temps dans la nature.
De 2017-2018 à 2024-2025, le programme IC a permis de joindre 661 898 personnes (contacts et participants).
Figure 11 : Objectifs de portée du programme IC pour la période de 2017 à 2024
Un diagramme à barres montrant les totaux annuels des programmes d’initiation au camping par année, de 2017-2018 à 2024-25. 2017-18, environ 90 000 ; 2018-19, environ 97 000 ; 2019-20, environ 129 000 ; 2020-21, environ 4 000 ; 2021-22, environ 43 000 ; 2022-23, environ 80 000 ; 2023-24, environ 122 000 ; et 2024-25, environ 87 000. Les valeurs atteignent un pic en 2019-20, chutent considérablement en 2020-21, se redressent au cours des deux années suivantes, augmentent à nouveau en 2023-24 et diminuent légèrement en 2024-25.
Portée du programme (personnes jointes)
Le programme IC a dépassé son objectif annuel de 100 000 contacts et participants en 2019-2020 et en 2023-2024.
Entre ces deux pics, les effets de la pandémie de COVID-19 sont évidents, toutes les activités en personne s’étant interrompues en 2020, qui a été suivie de deux années de reprise progressive.
La saison 2024-2025 a également connu une baisse du nombre de personnes jointes par rapport à l’année précédente. L’analyse semble indiquer que cette diminution est attribuable à la fermeture du centre urbain de Saskatoon, ainsi qu’au fait que les équipes d’initiation au camping ont participé à moins de festivals et de grands événements publics (voir p. 35).

Figure 12 : Portée moyenne annuelle par centre urbain
Une carte du Canada montrant la répartition de la portée moyenne annuelle par centre urbain. Montréal compte le nombre le plus élevé avec 21 000, suivie de Toronto (19 300), d’Edmonton (17 500), d’Ottawa (14 000), de Halifax (11 800), de Vancouver (11 600), de Saskatoon (9 700) et des emplacements hors centre (1 700). Les concentrations les plus importantes se trouvent à Montréal et à Toronto, et les plus petits nombres sont répartis dans l’Ouest, le Centre et l’Est du Canada.
Centres urbains
Si l’on exclut les saisons au cours desquelles les restrictions liées à la COVID-19 étaient pleinement en vigueur, les programmes IC dans les centres urbains ont généralement dépassé leur objectif annuel de 10 000 personnes (contacts et participants). Montréal et Toronto ont régulièrement généré les moyennes les plus élevées, ce qui s’explique en grande partie par les bons résultats obtenus en matière de diffusion externe dans ces deux villes.
Les lieux de Parcs Canada qui ne sont pas affiliés à des centres urbains ont également contribué à une moyenne de 1 700 participants par an grâce à des activités de camping et de pagaie organisées sous l’égide du programme IC.
Résultats de la sensibilisation
Les activités de sensibilisation au programme IC ont généré 517 760 contacts entre 2017 et 2024, ce qui représente 78 % de la portée totale du programme.
Les éléments utilisés pour évaluer les résultats en matière de sensibilisation étaient surtout le nombre de contacts. Les points de vue du personnel recueillis lors des entretiens avec les informateurs clés ont également contribué à l’analyse.
Diffusion externe relative au programme IC
Conçues pour être mobiles, les activités de diffusion externe se sont généralement déroulées en kiosque (sous des tentes d’exposition pliantes) avec du personnel présentant des jeux, des accessoires et des questionnaires sur le thème de la nature, destinés à susciter l’intérêt et à renforcer la notoriété de la marque Parcs Canada.
Le nombre de contacts générés par la diffusion externe est classé en deux catégories principales, les « événements en kiosque » et les « festivals ou grands événements ». Au lieu de distinguer des types d’offres, les catégories distinguent des types d’endroits. Tandis que les festivals et les grands événements se passent d’explications, les événements en kiosque couvrent une plus grande variété d’espaces publics, tels que des musées, des bibliothèques, des parcs locaux et des centres communautaires. Selon les priorités des centres urbains, les événements en kiosque pourraient également être déployés dans les lieux de Parcs Canada.
Points de vue sur les activités de sensibilisation
Bien qu’elles soient considérées comme essentielles pour atteindre les objectifs de portée du programme IC, les analyses des entretiens avec le personnel et des rapports de fin de saison ont révélé des opinions mitigées quant à l’efficacité des activités de diffusion externe pour établir un lien avec les publics cibles et susciter un intérêt significatif à l’égard des activités de plein air, en raison de la brièveté des interactions.

Figure 13 : Contacts établis par la diffusion externe et participants au programme IC, 2017-2024
Un diagramme à barres montre la proportion de communications générées par les événements ponctuels, les festivals et les activités d’apprentissage d’initiation au camping de 2017-18 à 2024-25. Les activités d’apprentissage ont toujours apporté la plus faible contribution aux résultats totaux.
Les points de vue les plus favorables tendaient à présenter les événements en kiosque comme un moyen efficace d’accroître la notoriété de la marque Parcs Canada dans les centres urbains, où des recherches antérieures (voir p. 11) avaient indiqué des niveaux de connaissance plus faibles. Le personnel a également souligné que le choix de l’endroit jouait un rôle dans l’atteinte du public, certains lieux, comme ceux dont les droits d’entrée sont plus élevés, étant moins susceptibles d’attirer les groupes cibles de l’initiation au camping.
Contacts établis par la diffusion externe
Comme illustré à la figure 13 ci-dessus, les activités de diffusion externe ont été le principal facteur déterminant de la portée du programme IC depuis 2017-2018, contribuant à un total de 517 760 contacts, soit 78 % de la portée totale déclarée du programme IC.
Cette tendance était particulièrement évidente au cours des trois années précédant la pandémie de COVID-19, la diffusion externe représentant jusqu’à 92 % des résultats de la portée du programme IC en 2019-2020.
Au lendemain de la pandémie, la participation à d’autres événements d’IC a augmenté, tandis que les chiffres de la diffusion externe, en particulier ceux des festivals et des grands événements, se sont rétablis plus lentement.
Un examen plus approfondi des résultats des contacts a également révélé que si les événements en kiosque et les festivals/grands événements ont généré chacun bien au-delà de 200 000 contacts depuis 2017-2018, lorsque les données ont été analysées par présenceFootnote 7, les schémas qui en ont résulté étaient assez différents :
- Les événements en kiosque ont généré 295 003 contacts pour l’ensemble des 2 316 présences, soit un taux de 126 contacts par présence;
- Les festivals/grands événements ont généré 222 757 contacts pour 394 présences, soit un taux de 568 contacts par présence.
Compte tenu de ces taux, la grande variabilité révélée dans les contacts établis lors de festivals/grands événements est plus facile à comprendre, étant donné que chaque présence à un festival ou à un grand événement ajoutée ou supprimée peut avoir un impact plus direct sur les résultats annuels.
Principales constatations
Les événements de diffusion externe ont généré la plus grande part des résultats de la portée du programme IC, aidant les centres urbains à atteindre leurs principaux objectifs de rendement.
Aplanir les obstacles
Bien que de nombreuses sources de données montrent que les participants apprécient les activités d’initiation au camping et aux sports de pagaie, les données laissent entrevoir que certains obstacles peuvent persister.
Les résultats étudiés dans cette section concernent les activités des volets « exposition » et « expérience » du programme Initation au camping (IC), telles que les activités de camping avec nuitée, d’autres activités d’initiation et des ateliers. Les données prises en compte comprenaient les résultats des formulaires de commentaires des campeurs, les tendances en matière de participation et les commentaires des partenaires du programme IC. Les résultats des entretiens avec le personnel du programme IC ont également contribué à l’analyse.
Exposition et expérience
Dans le cadre du continuum du programme IC, les activités des volets « exposition » et « expérience » (voir p. 13) visaient à aplanir les obstacles aux loisirs de plein air en introduisant de nouvelles compétences et en favorisant la confiance en soi.
Alors que l’exposition se concentre sur des habiletés simples, souvent acquises dans des lieux tels que des bibliothèques ou des centres communautaires, les activités d’expérience offrent un apprentissage plus immersif, destiné à encourager la poursuite de l’exploration des activités de plein air ainsi qu’à approfondir les liens avec les aires protégées.
Les offres dans les deux parties du continuum de l’initiation au camping se sont diversifiées après les fermetures liées à la pandémie de COVID-19, le personnel de nombreux centres ayant entrepris d’explorer de nouvelles offres axées sur les activités de plein air, telles que les sports de pagaie, la pêche et le ski.
Figure 14 : Participation à l’exposition et à l’expérience, 2017-2024
Diagramme à barres empilées montrant le nombre de participants aux programmes d’initiation au camping par type de programme, de l’exercice 2017-2018 à l’exercice 2024-2025. Les types de programmes comprennent les ateliers et les événements d’une journée, les programmes virtuels, les activités d’initiation au pagayage, les autres activités d’initiation et les événements avec nuitée. La participation a été la plus élevée en 2021-22 et 2023-24, avec des totaux d’environ 27 000 et 28 000 participants respectivement. Les ateliers et les événements de jour ont été le principal contributeur la plupart des années, en particulier de 2017-18 à 2019-20 et à nouveau à partir de 2023-24. Les programmes virtuels ont considérablement augmenté en 2020-21 et 2021-22. Le cours Initiation à la pagaie et d’autres activités d’apprentissage ont contribué à une plus faible participation, principalement à partir de 2021-22. Les événements nocturnes sont restés une composante plus petite, mais étaient présents la plupart des années.
Aperçu de la participation
La figure 14 ci-dessus présente un aperçu du nombre de participants aux activités d’exposition et d’expérience entre 2017-2018 et 2024-2025, soulignant la croissance des options de programmes qui ont émergé pendant et après la pandémie de COVID-19.
Avant la saison 2020-2021, les événements d’initiation au camping se limitaient à des ateliers ainsi qu’à des activités d’une journée ou d’une nuit, qui généraient ensemble une moyenne de 11 900 participants par an.
En 2020, les responsables du programme IC ont opté pour des événements virtuels en raison des restrictions imposées aux rassemblements sociaux, atteignant un peu plus de 5 000 participants au cours de cette première année. Soutenus par de nouveaux partenariats avec des écoles et des organismes d’apprentissage en ligne, les événements virtuels ont atteint leur apogée en 2021-2022, avec plus de 23 000 participants.
De nouveaux événements d’initiation ont également vu le jour en 2021-2022 et ont plus que triplé le nombre de leurs participants au cours des deux années suivantes, qui est passé de 2 200 à 7 400 participants.
Les programmes Initiation à la pagaie (IP) sur les canaux de Lachine et Rideau ont généré la majeure partie de ces chiffres, représentant environ 80 % des participants à d’« autres activités d’initiation ». Les événements d’initiation au ski et à la pêche représentent la majeure partie des pourcentages restants.
Enfin, tandis que les ateliers et les activités d’une journée ont retrouvé, puis dépassé, leurs totaux d’avant la pandémie en 2022-2023 et en 2023-2024, le nombre de participants aux activités de camping avec nuitée a diminué en 2023-2024 et en 2024-2025.
Résultats attendus
Les résultats directs, intermédiaires et ultimes attendus ont été confirmés et mis à jour avec le personnel du programme IC dans le cadre de l’élaboration du modèle logique du programme (voir p. 14).
Les principaux résultats sont décrits dans les sections suivantes.
Résultats directs
Les participants au programme IC ou les personnes contactées à cet égard :
- seront exposés à différentes activités de plein air et en apprendront davantage à ce sujet;
- participeront à des activités de plein air;
- feront l’acquisition de compétences en matière de camping et de plein air;
- seront satisfaits des activités d’IC.
Sources de données
Les données prises en compte pour cette analyse comprennent les données de participation explorées ci-dessus ainsi que les commentaires recueillis auprès des campeurs et des participants au programme Initiation à la pagaie (IP).
Depuis 2011, les commentaires des campeurs novices sur les événements d’IC avec nuitée sont systématiquement recueillis par le personnel du programme à l’aide d’un formulaire papier adressant les questions à un membre de chaque unité familiale ou groupe vers la fin de l’événement (généralement pendant le petit-déjeuner).
Les questions comprennent des questions ouvertes et fermées sur la taille et le type de groupe, la satisfaction, l’intention de pratiquer d’autres activités de plein air et l’intérêt à « en apprendre davantage sur Parcs Canada ».
Bien que les dossiers indiquent que le personnel du programme IC collecte en moyenne 270 formulaires par saison, les évaluateurs ont codé et analysé les données d’un échantillon de 348 formulaires remplis entre 2017 et 2023.
Les données relatives au programme IP ont été tirées d’un projet pilote réalisé en 2024, dans le cadre duquel les participants étaient invités à s’exprimer sur leur expérience à l’aide d’un formulaire numérique accessible au moyen d’un code QR. Le formulaire comportait une seule question ouverte demandant des commentaires sur leur expérience. Les archives indiquent que 118 commentaires uniques ont été recueillis par l’intermédiaire de ce système.
Constatations
La section suivante résume les éléments recensés en ce qui concerne les résultats directs du programme.
Exposition aux activités de plein air
Les données sur la participation présentées à la page précédente montrent que la majeure partie des participants ont été exposés à des activités de plein air dans le cadre d’ateliers, d’événements d’une journée et d’événements virtuels du programme IC. Une croissance a également été observée pour les « autres activités d’initiation », en particulier l’apprentissage de sports de pagaie, tandis que la participation aux activités avec nuitée a diminué.
Satisfaction
L’analyse des commentaires écrits des activités du programme IP de Montréal et des formulaires de commentaires de campeurs donne à penser que les répondants étaient très satisfaits de leur expérience, y compris des activités elles-mêmes et de leurs interactions avec le personnel du programme.
Parmi les thèmes récurrents, citons le plaisir d’acquérir de nouvelles habiletés grâce à un personnel amical et compétent ainsi que des connaissances sur le canal de Lachine et son histoire, et le plaisir des activités de pagaie elles-mêmes, tels que le kayak et le canot.
Les commentaires généraux sur les activités de camping avec nuitée recueillis au moyen de questionnaires étaient tout aussi positifs que les résultats du programme IP, bien que diverses questions d’évaluation aient également permis de cerner des éléments du programme quelques peu difficiles pour les campeurs novices.
L’analyse de l’appréciation globale des événements avec nuitée a révélé qu’un peu moins de 75 % des personnes interrogées ont déclaré avoir eu une « expérience très agréable ».

Figure 15 : Taux de satisfaction globale, commentaires sur le programme IC
Un diagramme circulaire en anneau indiquant le taux de satisfaction global basé sur les formulaires de rétroaction du programme d’initiation au camping. 74 % des personnes interrogées ont indiqué avoir vécu une « expérience très agréable ».
Parmi ceux qui ont fait des suggestions d’amélioration, les idées les plus courantes étaient des activités plus structurées (p. ex. une randonnée en groupe), plus d’activités pour les enfants et du matériel de camping de meilleure qualité ou plus confortable (p. ex. des tapis de couchage plus épais).
Compétences déclarées
En réponse à une question ouverte, plus de 90 % des répondants au formulaire de commentaires ont cité au moins une nouvelle compétence acquise au cours de l’événement (voir la figure 16 sur la page suivante)
Si les compétences les plus fréquemment citées sont le montage d’une tente, l’allumage d’un feu de camp et l’utilisation d’un réchaud de camping, la sécurité en plein air est également un thème récurrent. Il a notamment été question de la sécurité des animaux, de la sécurité aquatique et de ce qu’il faut apporter.
Comme de nombreux événements avec nuitée se sont déroulés sur les terrains de lieux historiques nationaux, tels que ceux de la Forteresse-de-Louisbourg et de la Citadelle-d’Halifax, ou ont proposé des activités axées sur le patrimoine naturel et culturel, certains répondants ont également déclaré en avoir appris davantage sur la nature et l’histoire.
FORMULAIRE DE COMMENTAIRES INDIVIDUEL
N=348 répondants (2017-2023)
COMPÉTENCES ACQUISES
Plus de 90 % des campeurs ont déclaré avoir acquis au moins une nouvelle compétence en matière de camping.
% ayant déclaréFootnote 8 avoir acquis chaque compétence (n=344)
Figure 16 : Compétences déclarées, activités d’IC de nuitée, 2017-2023
Un diagramme à barres ventilant le pourcentage de participants qui ont déclaré avoir acquis diverses techniques de camping ou de plein air. L’installation d’une tente (44 %) et la construction d’un feu de camp (23 %) ont été les plus souvent citées.
Résultats intermédiaires
- Les participants acquièrent la confiance nécessaire pour aller camper et passer du temps à l’extérieur par eux-mêmes.
- Les obstacles qui empêchent de profiter des aires protégées du Canada sont réduits.
Les principales sources de données pour cette partie de l’analyse comprennent le formulaire de commentaires sur les événements avec nuitée et les consultations auprès des partenaires communautaires du programme IC dans les centres urbains.
Commentaires des partenaires des centres urbains
Des entretiens et des questionnaires écrits ont été utilisés pour explorer les perceptions de dix partenaires du programme quant à l’impact des événements du programme IC sur leurs communautés respectives. Les activités organisées en collaboration avec les partenaires comprenaient des ateliers, des activités d’initiation (principalement les sports de pagaie, le ski et le patinage) et des événements avec nuitée.
Constatations
La section suivante résume les éléments recensés en ce qui concerne les résultats intermédiaires du programme.
Niveau de confiance
Les questionnaires relatifs aux événements avec nuitée et les commentaires recueillis auprès des partenaires des centres urbains donnent à penser que les activités d’IC, y compris les ateliers, les événements d’initiation et les événements avec nuitée, ont eu un impact positif sur le niveau de confiance des participants.
L’analyse d’un élément du questionnaire (voir la figure 17) a révélé qu’à la fin de l’événement de nuit, 89 % des répondants étaient d’accord pour dire qu’ils se sentaient plus confiants à l’idée de camper à l’avenir.
Dans le même ordre d’idées, les résultats des entretiens et les commentaires écrits des partenaires des centres urbains semblent indiquer que l’un des points forts des activités d’IC est leur capacité à répondre à la crainte de ne pas être en sécurité en plein air ainsi qu’à celle de ne pas se sentir à sa place dans des lieux de loisirs.
Les craintes communes, telles que rapportées par les partenaires de la plateforme, portent souvent sur la méconnaissance de la faune et de la flore, en particulier chez les participants qui viennent d’arriver au Canada.
Certains partenaires des centres urbains ont indiqué que les participants appréciaient que les ateliers et les événements d’incitation offrent la possibilité de discuter avec le personnel du programme et de se familiariser avec la culture canadienne dans le cadre convivial du programme.
Aplanir les obstacles
Outre les résultats ci-dessus, les partenaires des centres urbains considèrent que les événements d’initiation au camping sont efficaces pour atténuer le manque de compétences, mais qu’ils ne le sont que dans une certaine mesure pour ce qui est des coûts et des problèmes de distance. L’analyse donne à penser que cette différence n’est pas tant liée à l’offre de programmes qu’à l’incapacité du programme IC à réduire les coûts d’équipement ou de transport en dehors de ses propres événements.
Des tendances similaires ont également été observées dans les résultats générés par le formulaire de commentaires sur les événements nocturnes, qui sont analysés ci-dessous.
Présence d’obstacles restants
Le formulaire de commentaires comprenait une question ouverte demandant aux personnes interrogées d’énumérer les problèmes susceptibles d’empêcher de futures sorties en camping.
L’analyse des réponses écrites a révélé qu’un peu plus de la moitié des participants de l’échantillon ont répondu « rien » (ou quelque chose de semblable), comme l’illustre la figure 18 sur la prochaine page.
Figure 17 : % d’accord–confiance accrue
Un graphique en anneau montrant que 89 % des répondants étaient d’accord ou tout à fait d’accord pour dire que l’événement leur a donné la confiance nécessaire pour essayer le camping par eux-mêmes.
OBSTACLES RESTANTS
Les conditions météorologiques, le matériel de camping, les insectes et les animaux sauvages sont les obstacles les plus souvent cités comme empêchant de camper à nouveau.
Figure 18 : Empêchements au camping 2017-2023
Diagramme circulaire montrant que 52 % des répondants ont déclaré que « rien » ne les empêcherait de retourner camper, tandis que 48 % ont déclaré qu’il restait au moins un obstacle.
Figure 19 : % de répondants ayant ciblé des obstacles précis
Un graphique à barres résumant les obstacles au camping les plus fréquemment signalés. Les principales préoccupations étaient la météo, l’obtention de matériel de camping et la rencontre d’insectes ou d’autres animaux.
Obstacles ciblés par les participants
Parmi les personnes interrogées qui ont mentionné un obstacle résiduel (48 %), la réponse la plus fréquente était la pluie ou le mauvais temps, suivie par le fait de ne pas posséder de matériel de camping et par les inquiétudes concernant les insectes et les animaux.
Des sous-ensembles plus restreints de répondants ont déclaré trouver le camping difficile avec de jeunes enfants, ont souhaité plus de confort et/ou d’accès à des installations telles que des douches, ou ont estimé que les coûts et le temps nécessaire limitaient encore la probabilité qu’ils campent à nouveau.
Le transport vers les aires de camping a également été mentionné, ainsi que le fait de ne pas savoir où ou comment trouver les emplacements de camping les plus appropriés.
Enfin, quelques répondants ont signalé des problèmes de bruit ou ont estimé qu’il leur manquait une personne mieux informée et/ou plus intéressée pour aller camper avec eux à l’avenir.
Résultats ultimes
- Les participants établissent des liens avec la nature et les aires protégées.
- La fréquentation des aires protégées de Parcs Canada augmente, en particulier pour les personnes provenant de zones urbaines.
Les sources de données utilisées pour cette analyse correspondent à celles utilisées pour évaluer les résultats intermédiaires, c’est-à-dire les partenaires des centres urbains et le formulaire de commentaires des campeurs.
Il a également été noté que le personnel d’IC a commencé en 2022 à recueillir les adresses courriel des participants aux activités de camping avec nuitée, afin d’obtenir de l’information sur les anciens participants. Toutefois, les entretiens ont confirmé que les sondages de suivi n’ont jamais été effectués.
Constatations
Les résultats des formulaires de commentaires (voir la figure 19) indiquent qu’à la fin de l’activité, la plupart des campeurs étaient tout à fait d’accord pour dire qu’ils sentaient un lien plus fort avec la nature et un plus grand intérêt pour les lieux patrimoniaux.
Si ces résultats sont positifs pour la conception et la réalisation des expériences avec nuitée, on ne sait toujours pas dans quelle mesure ces changements ont persisté et/ou contribué à de nouveaux comportements récréatifs, car aucune étude de suivi n’a été réalisée.
Les données recueillies auprès des partenaires des centres urbains n’ont pas non plus permis de déterminer si les participants ont par la suite passé plus de temps dans la nature, même si la plupart des partenaires consultés estiment que les obstacles liés aux connaissances et à la confiance en soi ont été effectivement réduits.
Enfin, certains partenaires des centres urbains ont également exprimé leur conviction que les expériences d’IC étaient mémorables et significatives, même sans changement durable de comportement, indiquant que la possibilité d’essayer des activités canadiennes « emblématiques », comme le camping, le ski ou le patinage, dans un cadre amical et positif, a favorisé un sentiment d’inclusion parmi les membres de leur communauté, en particulier parmi les nouveaux arrivants au Canada.

Figure 20 : % d’accord–intérêt pour les lieux patrimoniaux et lien avec la nature
Deux graphiques circulaires en anneau indiquant le pourcentage de répondants qui ont convenu qu’ils s’intéressaient aux lieux patrimoniaux et qu’ils se sentaient liés à la nature. Le diagramme circulaire du haut indique que 93 % des personnes estiment que les activités d’initiation au camping ont suscité leur intérêt pour les parcs nationaux et les lieux historiques nationaux. Le diagramme circulaire du bas indique que 93 % des personnes se sentent plus proches de la nature.
Notes concernant les données sur le rendement
Comme indiqué dans diverses sections du présent rapport, du fait des lacunes dans les données sur les publics cibles (voir p. 26), des sources limitées de rétroaction (voir p. 31) et des résultats à long terme du programme, il a été difficile d’évaluer les effets du programme IC au fil du temps et au-delà du nombre relativement faible de participants aux activités de camping avec nuitée (voir la figure 14 p. 38).
Ces lacunes ont également limité l’analyse des résultats du programme en fonction des publics cibles (à savoir les personnes racisées, les personnes avec de jeunes enfants vivant en milieu urbain, les personnes en situation de handicap et les Canadiens à revenu faible ou moyen (voir p. 26), ce qui permet difficilement d’évaluer si ces groupes ont vécu les activités de camping de manière différente et/ou équitable.
Pour mieux comprendre les facteurs sous-jacents à ces lacunes, un examen ciblé des dossiers et des politiques a été effectué et étayé par des entretiens avec le personnel concerné de Parcs Canada. Les résultats de cet exercice sont résumés ici.
Examen de la mesure du rendement
Deux grandes observations, présentées ci-dessous, sont ressorties de l’examen des engagements sur la mesure du rendement pour le programme IC, qui étaient axés sur les indicateurs et les stratégies indiqués dans la plus récente présentation au Conseil du Trésor du programme, approuvée en 2022.
Tout d’abord, si les plans de mesure du rendement ont été élaborés avec le soutien de plusieurs unités de services internes de Parcs Canada (comme celles responsables de l’ACS Plus, de l’audit interne et de l’évaluation, de l’accès à l’information et de la protection des renseignements personnels ainsi que du rendement et de l’analyse), ces plans n’ont pas été réexaminés avec ces unités une fois le financement confirmé en 2022.
Même s’il s’agit là des responsabilités ultimes du personnel du programme pour la collecte de données conformes aux engagements pris dans les demandes de financement, les données laissent croire également qu’il y a eu des occasions manquées pour le personnel du programme IC de s’attaquer à des difficultés de mise en œuvre et de préciser des zones d’incertitudes.
À cet égard, les évaluateurs ont également constaté que des processus censés soutenir le suivi des données n’ont pas été menés à bien, par exemple la mise à jour du profil d’information sur le rendement de l’Expérience du visiteurFootnote 10 pour tenir compte des nouveaux indicateurs et l’inclusion des besoins en matière de collecte de données sur le programme IC dans le Plan d’évaluation ministériel quinquennal de Parcs Canada.
Même s’il ne s’agit pas d’une exigence formelle, il a également été noté que le Bureau de l’ACS Plus de Parcs Canada n’a pas assuré le suivi auprès du personnel du programme IC au sujet des nouveaux indicateurs liés à l’identité indiqués dans la demande de financement (voir page 25).
Un tel suivi aurait pu fournir d’autres occasions de communiquer et de confirmer les besoins en données, car les entretiens ont aussi révélé un faible niveau de connaissance parmi le personnel des centres urbains quant aux nouveaux publics indiqués dans la stratégie d’ACS Plus de 2022 (Canadiens racisés et personnes en situation de handicap).
Enfin, et de manière plus générale, les entretiens avec le personnel de Parcs Canada ont révélé que les politiques et les pratiques exemplaires en matière de collecte de données de suivi, d’évaluation et de production de rapports devaient être précisées.
Parmi les principales améliorations, mentionnons la manière de recueillir des renseignements personnels conformément aux lois sur la protection des renseignements personnels et aux exigences de l’ACS Plus (aussi abordé à la page 27 et des conseils pour la collecte de commentaires ou d’autres données d’opinion auprès des participants au programme à des fins d’évaluation (voir l’annexe A, page 59, pour en savoir plus).
Principales constatations
Les éléments probants présentés dans cette section témoignent de la qualité des expériences de camping avec nuitée et de pagaie du programme IC, qui ont été considérées par les participants et les partenaires locaux des centres urbains comme très agréables, efficaces pour transmettre de nouvelles compétences, et accueillantes pour divers groupes.
D’importantes lacunes en matière de données ont aussi été relevées, en particulier pour les résultats à long terme et les publics cibles du programme. Un examen des dossiers et des politiques a permis de trouver des possibilités de mieux soutenir la collecte de données sur le rendement du programme.
Ces constatations sont abordées dans la recommandation 1.
Efficience
Ressources et dépenses prévues
Ressources du programme
Depuis l’expansion du programme IC, le financement provient principalement de sources externes, auquel viennent s’ajouter quelques ressources supplémentaires prévues au budget de fonctionnement de Parcs Canada.
En 2016, le programme IC s’est vu remettre 6,3 M$ sur cinq ans (de 2016-2017 à 2020-2021) par le gouvernement fédéral en vue de son expansion. Ce financement a par la suite été renouvelé dans le budget de 2021, soit la somme de 5,95 M$ répartie pour les exercices financiers de 2022-2023 à 2026-2027.

Figure 21 : Allocations budgétaires du programme IC, de 2022-2023 à 2026-2027
Un diagramme à barres résumant les affectations budgétaires pour le programme d’initiation au camping. Les salaires sont toujours la catégorie la plus importante, environ deux fois plus que les biens et services, à l’exception des projections pour la dernière année (2026-27) qui aura moins de personnel.
De plus, le personnel étudiant du programme IC, généralement composée d’équipes de six à huit personnes par centre urbain, a été soutenue par deux programmes de financement, tout d’abord par le Programme d’emplois verts (de 2017-2018 à 2019-2020), et ensuite par la Stratégie emploi et compétences jeunesse (SECJ). Certains centres urbains proposent même des postes à l’hiver pour l’élaboration et la mise en œuvre des programmes.
Enfin, de 2017 à 2024, chaque centre urbain a reçu une aide financière et du matériel de camping en quantité suffisante de la part de l’entreprise Mountain Equipment Company (MEC) dans le cadre d’un partenariat national.
La figure 19 ci-dessus donne un aperçu des dépenses annuelles prévues pour le programme IC de 2022-2023 à 2026-2027. Les salaires et traitements en constituent la plus grande partie, suivis des biens et services, puis des services internesFootnote 11.
La baisse des dépenses prévues en 2026-2027 s’explique par la fermeture du centre urbain d’Ottawa en 2025-2026 et la réduction progressive des activités du programme au cours de sa dernière saison.
Remarques concernant les données financières
L’évolution des sources de financement et des codes financiers ont rendu difficile l’analyse des dépenses du programme IC au fil du temps. Dès 2017-2018, l’Initiative Canada 150 assurait le suivi des dépenses du programme IC.
À la suite de l’annonce du renouvellement du financement dans le budget fédéral de 2021, les dépenses du programme sont désormais comptabilisées sous un code financier distinct.
Pour trouver les dépenses liées au programme IC d’avant l’exercice 2022-2023, il a fallu passer au crible les dépenses de l’Initiative Canada 150 pour ne retenir que les éléments portant la mention «Initiation au camping» ou «Learn-to Camp». Il est possible que cette méthode ait exclu des dépenses comptabilisées sous d’autres numéros d’ordre internes.
Toutefois, les dépenses déclarées pour les exercices 2022-2023 et 2023-2024 correspondent aux allocations présentées à la figure 20, soit un total d’environ 1,1 M$ et 1,2 M$ pour chacun de ces exercices.
Efficience du programme
Le programme IC disposait de ressources suffisantes et était efficace, de sorte que les activités proposées aux participants étaient gratuites ou d’un coût abordable.
Pour évaluer l’efficience du programme, nous avons examiné les structures du programme IC, les renseignements relatifs aux finances et à la tarification, et nous avons mené des entrevues auprès du personnel des centres d’initiation au camping et de la Direction générale des relations externes et de l’expérience du visiteur (DGREEV) de Parcs Canada.
Prestation efficiente du programme
Les personnes interrogées s’accordaient largement pour dire que, depuis son lancement en 2017, le programme IC dispose des ressources humaines, financières et matérielles dont il a besoin pour atteindre ses objectifs, et il peut compter sur le soutien de la DGREEV et des unités de gestion pour assurer son bon fonctionnement.
Structures de programme
Dans l’ensemble, le personnel de Parcs Canada, c’est-à-dire les directeurs et gestionnaires des unités de gestion, les coordonnateurs des centres urbains et l’équipe de la DGREEV, estime que le modèle de prestation et les structures de soutien du programme IC sont efficients et efficaces.
Ils comprenaient notamment le modèle de centre urbain et le continuum d’activités en trois parties du programme IC (voir p. 13), qui mettent à profit la composante de diffusion externe, moins gourmande en ressources, pour sensibiliser le public et multiplier les contacts afin d’aider les centres urbains à atteindre leurs objectifs en matière de rayonnement tout en continuant à offrir des expériences d’apprentissage pratiques enrichissantes.
De l’avis du personnel du programme IC, les points forts du modèle de centres urbains étaient son caractère local et sa polyvalence : chaque centre était libre d’adapter les activités au contexte et aux priorités des unités de gestions de sa région, sans s’écarter du cadre national défini par la DGREEV.

Figure 22 : Cycle de planification financière des centres urbains du programme IC
Illustration d’un cycle de planification budgétaire. En commençant par la présentation des budgets provisoires au DGREEV, suivie d’un transfert de fonds, de la prestation des programmes d’été, des rapports de fin de saison, des soumissions pour des saisons supplémentaires si nécessaire, de la confirmation de la dotation en personnel étudiant pour l’année suivante, et se terminant par la confirmation des dépenses annuelles finales du DGREEV.
Par ailleurs, alors que les unités de gestion étaient perçues comme des sources de connaissances locales et de soutien administratif, l’équipe du programme IC de la DGREEV était quant à elle vue comme le garant de la continuité du programme, en accompagnant les nouveaux coordonnateurs au besoin et en fournissant des conseils en matière de recrutement, de programmation et de relations avec les médias.
Les coordonnateurs des centres estimaient par ailleurs que les séances périodiques d’échange de renseignements, animées par le coordonnateur national du programme IC, contribuaient à optimiser le programme grâce à la diffusion des pratiques exemplaires et des leçons apprises.
Planification et exploitation
La figure 21 ci-dessus donne un aperçu du cycle de planification financière et de production de rapports du programme IC. La DGREEV gère les fonds centralisés et les distribue chaque année aux centres urbains et aux emplacements proposant des activités d’initiation au camping.
De 2017-2018 à 2020-2021, les centres urbains disposaient d’un budget de 80 000 $ pour les biens et services, dont une partie pouvait être reportée sur l’exercice suivant.
À compter de 2021-2022, ce budget a été réduit à 20 000 $, sans possibilité de report. Grâce à des examens périodiques réalisés par la DGREEV, les centres urbains ont pu obtenir des fonds supplémentaires ou restituer les portions inutilisées de leur budget.
L’analyse des dossiers a révélé que les fonds réaffectés avaient été investis dans la résolution de difficultés opérationnelles et l’élaboration de nouvelles offres, notamment pour l’achat de matériel, l’amélioration des installations ou la formation.
Les difficultés opérationnelles signalées concernaient surtout les installations, comme le manque d’espace d’entreposage pour le matériel ou l’absence de toilettes publiques dans les campings urbains.
Ces deux problèmes ont été résolus par la location de l’équipement nécessaire. D’autre part, certains problèmes, comme la fermeture du terrain de camping du parc urbain national de la Rouge, ont été résolus par la réduction du nombre d’événements avec nuitée au profit d’ateliers ou d’autres options d’apprentissage.
Lors des entretiens avec les informateurs clés, d’autres difficultés opérationnelles ont été signalées : une certaine lassitude du personnel sur le terrain et la nécessité de définir le soutien que peuvent fournir les étudiants du programme IC aux unités de gestion, notamment lors de situations d’urgence ou en cas de besoin ponctuel de personnel supplémentaire.
Abordabilité
Enfin, bien que, de l’avis du personnel, les ressources du programme IC étaient suffisantes, les personnes interrogées ont souligné l’importance d’offrir des activités à faible coût et d’atténuer les contraintes liées à la distance, comme le montre la figure 21, afin de favoriser l’accès aux loisirs de plein air.
Dans le cas particulier des événements avec nuitée, les centres urbains ont absorbé une grande partie des coûts liés au transport des participants et/ou à l’adaptation des emplacements citadins (location de toilettes portables ou de grands chapiteaux, par exemple); ces dépenses ne se sont pas répercutées sur les frais d’inscription des participants
Les analyses des documents ont révélé que les frais liés aux événements avec nuitée et aux autres activités d’initiation s’inscrivaient dans l’objectif du programme consistant à réduire au minimum les obstacles financiers, et que le personnel avait reçu l’autorisation d’offrir des activités à des tarifs inférieurs au seuil de recouvrement des coûts, bien qu’en d’autres temps, ces événements seraient typiquement considérés comme des expériences de premier choix par Parcs Canada.
Sur la base d’une analyse des dépenses et des recettes effectuées en 2022, selon laquelle le coût moyen d’un événement avec nuitée (y compris les dépenses en personnel, le transport, les articles consommables, etc.) s’élevait à 4 670 $, la DGREEV a fixé les coûts de base des événements avec nuitée à 41 % du recouvrement des coûts pour la saison 2023-2024Footnote 12. Après quoi la hausse ultérieure des coûts, applicable aux centres urbains, ne devait pas dépasser l’indice des prix à la consommation.
Principales constatations
Les éléments de preuves provenant des documents financiers et des entrevues menées auprès d’informateurs clés permettent de conclure que le programme IC a fait un usage judicieux de ses ressources, tout en mobilisant des fonds pour concevoir de nouvelles activités et maintenir une tarification abordable pour les événements payants.

Figure 23 : Conception du programme IC-obstacles liés aux coûts et à la distance, de 2017 à 2024
Résumé des éléments de conception du programme d’initiation au camping liés aux obstacles liés aux coûts et à la distance. Les éléments comprennent des activités gratuites ou à faible coût, la création de centres dans les centres urbains, l’utilisation de services mobiles de sensibilisation et la tenue d’événements dans des sites accessibles au transport en commun. Les données connexes du programme comprennent les dépenses du programme et les renseignements sur les prix.
Partenariats
Les partenariats locaux et nationaux ont contribué au développement du programme IC - ils ont permis d’en réduire les coûts et aidé les centres urbains à joindre leur public cible et à lui offrir leurs services.
Pour évaluer les effets des partenariats et leurs résultats, nous avons examiné des documents et des renseignements financiers, mené des entretiens avec le personnel d’IC et analysé les données fournies par les partenaires des centres urbains d’initiation au camping.
Partenariat national
Le programme IC a entretenu un partenariat national avec Mountain Equipment CompanyFootnote 13 (MEC) de 2011-2012 à 2024-2025. L’entreprise fournissait du matériel de camping et de plein air, offrait son soutien pour les événements avec nuitée et assurait la promotion du programme IC sur son site Web. Par ailleurs, MEC a versé 75 000 $ par exercice financier à Parcs Canada de 2021-2022 à 2023-2024.
Cet équipement comprenait des tentes, des réchauds de camping, des sacs de couchage, des matelas de sol et d’autres articles utilisés dans le cadre des nuitées et des ateliers du programme IC. La valeur des dons de matériel pour la période allant de 2021 à 2024 s’élevait à environ 25 000 $ par an.
En contrepartie, MEC était désigné comme partenaire national du programme IC et son logo figurait sur les outils de diffusion externe, les réseaux sociaux et les présentations liées au programme, comme en témoigne l’image ci-dessous.
Partenaires des centres urbains
Le personnel des centres urbains du programme IC voyait les partenariats locaux comme un élément central de la réalisation de ses objectifs. Les principales formes de soutien comprenaient le recrutement de participants, l’organisation d’événements de diffusion externe, d’événements avec nuitée et/ou d’ateliers, ainsi que la prestation de formations.
Les types d’organisations les plus L’analyse des listes de partenaires des centres urbains au cours des cinq dernières années, dans le cadre de relations officielles sanctionnées par des ententes ou de relations moins formelles, a révélé que chaque centre disposait d’un réseau bien implanté dans sa région.
courants comprenaient les bibliothèques publiques, les centres d’accueil et de réinstallation des nouveaux arrivants, les musées locaux et les parcs municipaux et provinciaux. Les partenariats avec des groupes de défense des intérêts de communautés, comme ceux des personnes en situation de handicap, étaient moins fréquents.
L’accès fondé sur un partenariat aux emplacements d’accueil des événements avec nuitée s’est révélé particulièrement utile pour les centres situés loin des terrains de camping de Parcs Canada, notamment ceux de Vancouver et de Toronto (à la suite de la fermeture du terrain de camping Glen Rouge).
Parmi les organisations offrant ce type de sites figuraient les organismes provinciaux responsables des parcs ainsi que les services municipaux des parcs. D’autres partenaires des centres urbains, comme les musées, les bibliothèques, les centres communautaires et les centres d’accueil, ont eux aussi joué un rôle important pour la tenue des activités de diffusion externe et des ateliers. Les personnes interrogées ont toutefois précisé que certains partenariats contribuaient davantage que d’autres à l’atteinte de ces objectifs.
Par exemple, certaines d’entre elles ont décrit les défis posés par certains partenaires, notamment les bibliothèques publiques, qui ne disposaient pas d’une portée suffisante pour promouvoir les événements.
De plus, les partenariats étaient considérés comme la façon la plus efficace d’atteindre le public cible par le biais d’ateliers et d’événements avec nuitée, et comme un moyen de fournir une formation spécialisée au personnel des centres urbains, comme les méthodes d’accompagnement des participants issus de la neurodivergence. Les événements privés avec nuitée regroupant des participants provenant d’organisations communautaires étaient fréquemment perçus par le personnel comme le moyen le plus efficace de réduire les obstacles liés aux connaissances et à l’expérience.
Perspectives des partenaires du programme IC
En réponse aux questions ouvertes au sujet de leur expérience de collaboration avec le personnel du programme IC, les partenaires ont exprimé leur satisfaction quant à l’amabilité et à la capacité d’adaptation du personnel, qui a su adapter les activités du programme aux besoins des participants.
Aucun problème majeur n’a été signalé, à l’exception d’un partenaire qui a mentionné des difficultés occasionnelles liées à l’adaptation aux besoins des apprenants de langues, comme la réduction de la vitesse d’élocution.
Résultats inattendus
Certains partenariats locaux auraient même dépassé les objectifs fixés par le programme IC. Le programme de bénévolat du lieu historique national de la Forteresse-de-Louisbourg a grandement bénéficié du partenariat avec l’Académie de la Garde côtière canadienne : les membres de cette organisation se sont portés volontaires pour d’autres événements organisés à Louisbourg, contribuant ainsi à l’offre touristique du site et au maintien des activités en dehors de la saison estivale.
Principales constatations
Les partenariats nationaux ont été bénéfiques à l’ensemble du programme IC, puisqu’ils ont permis de réduire les coûts liés au matériel et de favoriser la promotion du programme aux quatre coins du pays. Les partenariats locaux, quant à eux, ont été particulièrement utiles aux centres urbains du programme IC, qui ont ainsi pu accéder à des espaces communautaires et joindre les publics cibles.
Recommandations et réponse de la direction
Recommandation 1
La vice-présidente, Direction générale de la politique stratégique, des services d’affaires et des services numériques, doit veiller à ce que les engagements en matière de collecte de données prévus dans les propositions de financement approuvées aux fins de la mesure du rendement du programme soient clairement communiqués aux unités d’affaires des services internes concernées (le Bureau de l’audit interne et de l’évaluation et les équipes de l’Accès à l’information et de la protection des renseignements personnels, de l’Analyse comparative entre les sexes plus et du Rendement et de l’analyse, par exemple) et à ce que les mesures qui en découlent soient approuvées par ces unités d’affaires et le personnel du programme.
Bien que le suivi du rendement incombe au personnel du programme, l’envoi de mises à jour aux unités d’affaires des services internes et la confirmation des mesures à prendre seraient l’occasion de :
- s’assurer que les indicateurs de rendement du programme cadrent avec ceux définis dans les profils d’information sur le rendement de Parcs Canada, et de voir à ce que tout nouvel indicateur de rendement y soit ajouté;
- confirmer que des stratégies de collecte de données sur le rendement sont en place, y compris les exigences en matière de données de l’ACS Plus;
- clarifier les politiques et les procédures, notamment celles qui régissent la collecte de renseignements personnels et la protection de la vie privée;
- veiller à ce que les éléments relatifs à la recherche sur l’opinion publique fassent partie intégrante du plan d’audit et d’évaluation basé sur les risques de Parcs Canada, conformément aux exigences.
Pour connaître les principales constatations liées à cette recommandation, consultez les sections ci-dessous :
- Publics cibles; remarques concernant les données sur les publics, p. 25 à 27
- Aplanir les obstacles; remarques concernant les données sur le rendement, p. 43 à 45
Réponse de la direction
D'accord. La vice-présidente, Direction générale de la politique stratégique, des services d’affaires et des services numériques (DGPSAN) veillera à ce que les résultats des propositions de financement retenues qui comportent des engagements en matière de mesure du rendement des programmes soient communiqués aux unités opérationnelles internes concernées. La DGPSAN s'assurera également, auprès des secteurs de programme et des unités opérationnelles internes concernées, que les éléments requis en matière de mesure du rendement sont bien compris et pris en compte, notamment l'alignement sur les profils d'information sur le rendement de Parcs Canada, les stratégies de collecte de données (y compris les considérations relatives à ACS Plus) et les exigences en matière de protection des renseignements personnels. Le Bureau de l’audit interne et de l'évaluation (BAIE) veillera à ce que les exigences en matière de planification de l'évaluation issues des propositions de financement retenues soient intégrées au plan annuel d’audit et d'évaluation basé sur les risques.
ANNEXE A : Évaluation et recherche sur l’opinion publique
Comme indiqué à la page 37, l’examen des résultats de la gestion du rendement du programme IC a mis en évidence des zones d’incertitude concernant les rôles et les pratiques de collecte de données, notamment les distinctions entre les évaluations et la recherche sur l’opinion publique, qui sont visées par des politiques gouvernementales différentes.
Information sur le rendement
Au titre de la Politique sur les résultats, les ministères et organismes sont tenus de mesurer et d’évaluer leur rendement et d’utiliser cette information pour gérer et améliorer les programmes, les politiques et les services.
La Directive sur les résultats (qui concrétise la politique) stipule que les responsables de programme sont tenus de recueillir en permanence des données valables, fiables et utiles sur le rendement, à la fois pour gérer leurs programmes et pour répondre aux exigences de production de rapports sur le rendement, notamment pour les évaluations et les présentations au Conseil du Trésor.
Évaluation des programmes
Les politiques définissent l’évaluation des programmes comme la collecte et l’analyse systématiques de données sur les résultats des programmes afin de porter un jugement sur leur pertinence et leur rendement.
Les évaluateurs utilisent généralement l’information recueillie par les programmes tout en concevant et en réalisant d’autres activités de recherche pour générer des données probantes. Les méthodes utilisées sont issues des sciences sociales et sont choisies par les évaluateurs en fonction des questions de recherche et des orientations stratégiques (comme la prise en compte des exigences de l’ACS Plus).
Les méthodes doivent être documentées et justifiées dans des plans d’évaluation, avec la supervision d’un chef de l’évaluation et de comités d’évaluation. Les ministères et organismes établissent des plans d’évaluation ministériels quinquennauxFootnote 14 qui dressent la liste des évaluations obligatoires (celles qui sont requises par la loi) et discrétionnaires à venir.
Recherches sur l’opinion publique
La recherche sur l’opinion publique au sein du gouvernement du Canada est la collecte planifiée d’information basée sur l’opinion, par exemple les attitudes, les perceptions ou les points de vue, auprès de publics cibles afin de fournir des renseignements et de soutenir la prise de décisions.
Ces activités sont soumises à la Politique sur les communications et l’image de marque et guidées par la Directive sur la gestion des communications et de l’image de marque.
Les méthodes courantes de recherche sur l’opinion publique, également issues des sciences sociales, comprennent les sondages, les comités de recherche, les entretiens et les groupes de discussion. Les activités suivantes ne sont pas considérées comme de la recherche sur l’opinion publique par le gouvernement du Canada :
- activités de consultation ou de mobilisation;
- tests d’utilisabilité;
- recherche comportementale ou factuelle;
- analyses documentaires ou analyses de sources secondaires;
- analyse des données secondaires.
En outre, les volets des évaluations de programmes qui concernent la recherche sur l’opinion publique ne sont pas soumis à la directive susmentionnée lorsqu’ils font partie des plans d’évaluation ministérielsFootnote 15.